Pas de méprise: j'ai eu été un fervent lecteur de (Alex) Ratcharge, du fanzine et des colonnes dans Maximum RockNRoll, je possède encore le 7" de Skityouth Army, blah blah... mais on m'a offert ceci
pour Noël 2017. Coincé pendant dix heures à l'aéroport de Chicago, j'ai eu le temps de me (re)farcir le bordel. Je me souviens parfaitement de certains passages lus dans le zine à l'époque - j'en conviens: c'était y a pas si longtemps. Pourtant, cela me parait une éternité. Aujourd'hui, je rencontrerais le gus, j'm'en irais y foutre une pichenette derrière l'oreille. Ceux qui me connaissent savent que je suis "nailed to the X" depuis un bon moment mais entre le néant des auto-destructeurs complètement paumés et le néant des mégalos donneurs de leçon, j'ai tranché: je m'en tamponne de vos races, aucune de vos églises et écoles de pensée n'obtient grâce à mes yeux et nous pourrirons tous sous le joug de Kali Yuga. Poil aux bras.
Je vis la moitié de mon temps avec une ado. 15 ans. Le bon âge, des découvertes plein la tronche et pas que des cool. Quand on discute de la vie, des frissons me parcourent. On parle de l' "esprit du temps" des teenagers d'aujourd'hui si vous en convenez. Ce qui me rassure c'est qu'elle a l'air autant larguée que moi même si de temps à autres elle joue le jeu du "il faut que jeunesse se passe"... Les petits bourges de 2018 valent pas mieux que les plus démunis socialement ou intellectuellement - ils me feraient presque davantage peur tant les différents capitaux de l'arbre généalogique semblent avoir été terrassés par les "ouech, frère", "meuf" et autres e-cigarettes et premiers joints. Y a quelques années, les blondinets du centre-ville osaient même poser le Neocodion le long de la bouteille de Sprite sur le tapis roulant de la supérette. Sans déconner: il est où le temps du "J'te foutrais tout ça à l'armée, moi..." ? Le pire, c'est que je m'en branle en fait. Le pire c'est qu'un mec de l'âge du sieur Ratcharge trouve ça fun de remuer le couteau dans la plaie à nous (re)parler du nombrilisme des déprimés qui s'échappent au LSD. Le pire c'est que je suis là à jouer les Yann Moix de la subculture punk alors que je pourrais juste chercher à le contacter sur le putain d'Internet et lui demander: "Et en fait: la Nouvelle-Zélande c'était que ça?"
Oh pécaïre! On est encore et toujours dans de beaux draps.


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